Loading
  • 06.98.10.32.51
  • contact@learning-sphere.com
  • France

Catégorie : Gestion de projet

11 posts

Outils-auteur les mieux adaptés au développement immersif ?

Une des questions posées dans le cadre de la Web-conférence du 22.10 co-animée par mes soins porté sur les outils-auteurs permettant la production de modules médiatisés immersifs. Read more Outils-auteur les mieux adaptés au développement immersif ?

Evaluation du cout de développement d’un module immersif

Une des questions posées dans le cadre de la Web-conférence du 22.10 co-animée par mes soins a porté sur la question essentielle du coût de développement d’un module immersif.
Cette question est complexe. Elle doit être analysée sur deux plans principaux :
la scénarisation et l’intégration+production. Les éléments déterminant l’évaluation du cout sont multifactoriels : Ressources humaines et numériques, objectifs de scénario, type de module et outil-auteur utilisé. Read more Evaluation du cout de développement d’un module immersif

Quatre fondements cognitifs pour scénariser un module immersif

Une des questions posées dans le cadre de la Web-conférence du 22.10 a porté sur les fondements de l’efficacité de l’approche immersive en matière de contenus de formation médiatisés.

Malcolm Knowles, John Keller et d’autres théoriciens de l’apprentissage nous rappellent que les apprenants adultes ont besoin de pertinence pour apprendre. Pour assurer l’efficacité d’un processus d’apprentissage, il est important d’expliquer les concepts sous forme d’histoires auxquelles les apprenants peuvent au minimum s’identifier et au mieux participer. Car en leur donnant la possibilité d’acquérir des connaissances selon leurs propres schémas mentaux, le réalisme de l’histoire facilite la mémorisation des informations.

Les neurosciences fournissent des éléments tangibles pour justifier une approche immersive, tout particulièrement en formation à distance.

Ces éléments fournissent également les bases d’un modèle de scénarisation d’un module immersif qui sera proposée en deuxième partie de cet article.

Éléments fondamentaux des neurosciences :

1) L’engagement actif dans son territoire

L’apprenant est d’autant plus actif et engagé si l’envie de réaliser l’action de formation est forte. Cette envie est déclenchée quand sa motivation est corrélée avec la perception de de son intérêt personnel car l’action proposée le conforte dans son « territoire mental ». Il se sent donc sécurisé.

2) Le désir mimétique en situation

En neurosciences cognitives, les neurones miroirs jouent un rôle dans la cognition sociale, notamment dans l’apprentissage par imitation. Ce besoin d’imitation constitue un élément central de la cognition. Chaque fois que nous voyons une autre personne agir, surtout si elle nous paraît semblable à nous, des neurones miroirs  » s’allument  » dans notre cerveau, qui imite celui du modèle.

3) Le retour d’information empathique

Recevoir un retour d’information immédiat sur l’action en cours est constitutif de l’apprentissage. Plus le retour est proche dans le temps de l’erreur, plus l’action corrective sera efficace et intégrée de manière pérenne.

Les erreurs sont positives et sources d’apprentissage. L’apprentissage se déclenche lorsqu’un signal d’erreur montre que la prédiction générée par notre cerveau n’est pas parfaite. Il ne peut pas exister d’apprentissage quand tout est parfaitement prévisible.

4) La consolidation par la répétition

L’automatisation des connaissances est essentielle. L’automatisation est le fait de passer d’un traitement conscient, avec effort, à un traitement automatisé, inconscient. Le point culminant d’un apprentissage est le » transfert de l’explicite vers l’implicite » : c’est l’automatisation des connaissances et procédures. Cette automatisation passe par la répétition et l’entrainement. Pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum.

Conséquences en matière de scénarisation :

La chronologie des quatre fondements fournit la base de toute scénarisation d’un module immersif à condition que celui-ci cible un objectif pédagogique et opérationnel précis, permettant donc la construction d’un module séquencé (granularisé) dont la durée ne dépasse pas 30 minutes.

1) Situation contextualisée réflexive :

Quelque-soit la combinaison des médias utilisé, l’objectif de cette 1ère séquence est bien d’impliquer l’apprenant en le rassurant et le motivant. Par exemple, le visionnage d’une vidéo, montrant un personnage qui raconte une situation-problème et exprime les questions qu’il se pose, ne sera efficace que si les éléments de contexte et de problématique sont explicitement ceux de l’apprenant (appartenant au public ciblé).
Ce personnage référent doit se comporter de manière professionnelle même si dans le scénario quelques erreurs en terme d’actions, décisions ou comportements peuvent apparaitre.
Pour sécuriser cette entrée en situation, le point d’entrée dans cette séquence peut être conditionné par un test de positionnement qui garantit l’opportunité de démarrer cette séquence.

2) Exercice d’analyse de situation séquencé :

Dans le prolongement direct de cette situation, il s’agit de valider ou d’invalider les actions ou décisions prises par le personnage en situation, en prenant sa place. Cette série d’exercices d’analyse de situation mimétique permettent d’engager l’action de l’apprenant. Il va, par les questions qu’on va lui poser, se substituer au personnage présenté en séquence introductive. Cet phase d’exercice d’analyse de situation doit s’appuyer précisément sur ce qui est entendu, vu, perçu et lu dans la séquence introductive. Les exercices présentés en séquence doit permettre d’évaluer le contexte, la situation, les actions, comportements ou décisions prises, quelque-soit leur forme médiatisée (du simple QCM à l’association d’items).

3) Feed-back de conseil, de correction et exposé des notions clé :

La série d’exercices en situation mimétique ne sont pas un but en soi. Ils doivent permettre l’erreur et fournir des feed-back de conseil utiles, favorisant la réussite de l’exercice. Les feed-back de correction (par exemple au 2ème essai) doivent positiver l’erreur et fournir les éléments clé de résolution et les bases fondamentales de savoirs associés.

4) Bilan final et synthèse dynamique des acquis :

Le bilan final est fourni s’il est possible et cohérent de mesurer les acquis en % de réussite partielle ou totale de la série d’exercice. La condition est que chaque exercice proposé mesure une compétence d’action ou décisionnelle précise et univoque. Par exemple « la capacité à analyser et formuler le contexte ». Le bilan fournit l’occasion de reformuler les concepts et règles fondamentales qui ont déjà été proposés dans les feed-back d’exercice.

En sus ou en remplacement du bilan des acquis, une note de synthèse des fondamentaux à mémoriser est proposée en séquence finale, sous une forme médiatisée. Elle permet la prise de note et la mémorisation « multicanaux » des notions fondamentales (graphe synthétique animé, carte mentale, messages clé à écouter …)

Quels retours d’expériences en termes de coûts moyens (en temps homme de développement et/ou achat de contenus sur étagères…) ?

En matière de digital learning, 3 options s’offrent à vous :

  • Acheter des contenus existants (contenus dits « sur étagère »)
  • Faire produire à un éditeur spécialisé
  • Produire vous-même vos contenus e-learning

Pour chacune de ces 3 options à quels coûts peut-on s’attendre ?

Cet article fait partie d’une série de réponses aux questions posées lors de la webconference du 24/09/2015 animée par mes soins.

Read more Quels retours d’expériences en termes de coûts moyens (en temps homme de développement et/ou achat de contenus sur étagères…) ?

Quels pièges éviter dans la mise en œuvre d’une démarche de e-learning internalisée ?

Vous souhaitez internaliser votre production e-learning ? Vous vous posez mille questions ? « Dois-je tout internaliser ? Si oui comment tout gérer de front ? Si non, quels projets garder en interne et lesquels confier à un prestataire ? Et sous quelles conditions ? »

Au final, passez moi l’expression, vous avez peur de « vous planter » ! Faire les mauvais choix (outils de production, prestataire), prendre de mauvais réflexes (méthodologie, organisation), dépenser trop etc…

Cet article est le premier d’une série de réponses aux questions posées lors de la webconference du 24/09/2015 animée par mes soins. Read more Quels pièges éviter dans la mise en œuvre d’une démarche de e-learning internalisée ?

[title style='1']

Réforme de la formation professionnelle | Innovation & numérique : vers plus d’initiative et de responsabilité pour l‘apprenant ?

La suite de l’article :
[ Innovation & numérique – 2/2 : les acteurs ] est lisible sur :
http://learning-sphere.com/fr/innovation-numerique-22-les-acteurs/

Cet article présente les dispositions de la réforme de la FCP avec un zoom sur les dispositions concernant la FOAD, ainsi que ces enjeux sociaux, en particulier vers les adultes les moins qualifiés. Un deuxième article se focalisera sur les enjeux au niveau des entreprises et des formateurs-consultants.

Comme l’année 1971 avec les lois Delors, l’année 2014 restera, pour les acteurs de la formation, professionnelle, une année clé marquant une forte évolution de l’organisation des dispositifs de la formation des adultes. Cette évolution résulte d’un compromis issu d’une négociation entre partenaires sociaux et puissances publiques. Elle commence à peine à se mettre en œuvre sur deux terrains ; celui des entreprises (de très grandes aux TPE) d’un côté avec l’appui des OPCA, et celui des dispositifs réglementés (jeunes, demandeurs, d’emploi, personnes handicapées, etc…) de l’autre, avec le pilotage des Conseils Régionaux. Si la loi a été promulguée en mars 2014, avec au fil de l’eau la publication des principaux décrets associés (CPF, CEP, S2CP,  etc…), on prend aujourd’hui connaissance de celui sur la «qualité», tout juste paru le 30 juin 2015 ! L’Etat a souhaité engager cette réforme pour deux raisons fondamentales :
– la logique de rééquilibrage vers les personnes les plus faiblement qualifiés est la première raison qui a poussé le gouvernement à légiférer. La volonté des pouvoirs publics (Etat et régions), relayée par les partenaires sociaux, est de favoriser, dans l’intérêt général, un accès réellement ouvert, tout au long de la vie, aux salariés et aux demandeurs d’emplois, les plus fragiles. Plusieurs outils portés par la réforme sont ici mobilisés : le Socle des Connaissances et des Compétences Professionnelles(1), le Compte Personnel Formation, le Conseil en Evolution Professionnelle (CEF) avec les cinq réseaux concernés(2), les actions d’accompagnement de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) ;

– la logique de rénovation de l’offre pour que les actions de formation ne soient plus conditionnées d’abord par des règles administratives, mais bel et bien, par des intentions pédagogiques innovantes qui permettent le déploiement d’ingénieries plus ouvertes, intégrant, quand c’est utile, la distance aux profits des apprenants de plus en plus connectés (pour certains d’entres-eux, en tout cas).
Nous pouvons être dubitatifs, critiques, voir inquiets sur la partie liée à l’organisation administrative et financière. Ces frottements ont, et auront, des impacts  économiques et sociaux forts. La réforme est systémique, dynamique et toujours problématique, car complexe. Nous sommes, aussi et en même temps, lucides sur les avancées qu’elle offre en terme d’innovation, non pas technologique, mais bel et bien, pédagogique(3).

L’innovation avec le décret sur la FOAD, portée par le numérique

De tous les décrets déjà publiés, celui sur les Formations Ouvertes et à Distance (ou FOAD) daté d’août 2014(4) est très certainement celui qui offre de réelles perspectives d’innovation en formation. Au cours des XIIèmes rencontres nationales du FFFOD à Poitiers en janvier 2015, Jacques Bahry, a proclamé dans sa conclusion, «2015, l’an 1 de la FOAD !». Il soulignait ainsi le travail de lobbying du FFFOD depuis 1995 qui a permis de lever les barrières pour qu’un adulte puisse, aujourd‘hui en France, apprendre formellement, sans la présence continue de son formateur !

La loi du 5 mars 2014 dispose que l’action de formation continue peut se réaliser en tout ou partie à distance, le cas échéant en dehors de la présence des personnes chargées de l’encadrement.
1 – La formation peut être séquentielle (c’est-à-dire discontinue)
2 – La formation peut s’effectuer en tout, ou partie, à distance.

Le programme devra préciser :

•    les objectifs pédagogiques et opérationnels ;
•    la nature des travaux ou des productions demandés et le temps forfaitaire estimé (en fonction des pré-requis selon l’individualisation recherchée) ;
•    les modalités de suivi et d’évaluation spécifiques ;
•    Le niveau de connaissances préalables requis pour suivre la formation (nouvelle mention obligatoire)
•    et les moyens humains et techniques d’organisation, d’accompagnement ou d’assistance en présence et à distance (profil des tuteurs ou accompagnateurs).

La justification de l’action sera portée par :

–    une attestation de réalisation des travaux programmés et non plus «feuille de présence» (de la suspicion  à la confiance avec contrôle possible)
–    les informations concernant le suivi de l’action (du tracking vers le reporting collaboratif) et les évaluations spécifiques organisées (de sommative à régulative).

Le numérique pour organiser et animer la multimodalité

Les pédagogies actives, collaboratives, basées sur l’autoformation accompagnée avec des ingénieries tutorales distantes adaptées, par exemple, n’ont pas, n’ont plus à justifier de la «présence» de l’apprenant, mais de son «assiduité». C’est peut-être du côté du «Plan de formation» que l’on peut s’attendre rapidement à la fois à de l’innovation pédagogique(5) et à une ouverture vers les adultes peu qualifiés, mais, aussi et surtout, les actions FOAD (ou multimodales), plus souples répondant mieux aux besoins spécifiques des adultes peu qualifiés, dont les personnes en situation d’illettrisme, salariées ou non. Ces publics seront-ils en mesure d’exercer tous leurs droits, passant en particulier par l’ouverture et la gestion en ligne(6) de leur CPF ?

La FOAD est valorisée par la réforme ! La mise en place des actions de type FOAD, dans ce nouveau cadre légal, n’est possible qu’en mobilisant adéquatement les outils et les ressources numériques. Le numérique y contribue à la fois comme objet d’apprentissage, comme vecteur et supports d’apprentissage, comme outils de production et enfin, comme espace d’interaction(7) (synchrone et asynchrone). Il est au service de la multimodalité (présentiel & distanciel), au service de la diversité (pédagogie transmissive et collaborative), au service de l’activité (individuel et collective) où l’apprenant est perçu aussi comme un producteur de connaissances, et enfin, au service de la porosité positive (entre apprentissage formel et informel). La somme de ces situations permet d’alterner pour des parcours : FOAD des «Lieux de formation» et des dynamiques «Espaces-temps» avec plus de souplesse, au profit des apprenants.

Des enjeux à la fois culturels, territoriaux et socio-économiques

Former au plus près des besoins, de manière flexible et individualisée, en favorisant un accompagnement «sur mesure», quelle que soit la distance entre le formateur et l’apprenant, en intégrant les phases d’isolement, tant géographique que relationnelle, tout cela repose sur une maitrise partagée d’une culture et d’une pratique du numérique. Selon les résultats d’une étude internationale réalisée par l’OCDE en 2013 dans 27 pays développés (étude PIAAC d’octobre 2013), la France se classe parmi les derniers pays étudiés pour les compétences en « Littératie et en Numératie, y compris numériques »(8) (21,6 % des adultes en grande difficulté en France contre 15,5 % en moyenne dans l’OCDE). Quelques données chiffrées illustrent cette situation :
– 1,7 million de jeunes NEET (Sans emploi, ni formation, ni éducation), 200 000 jeunes rejoignant, tous les ans, cette cohorte de personnes sans véritable avenir économique ou social assuré ;
– 2,2 millions de chômeurs de longue durée, dont une proportion importante de seniors qui n’ont jamais été formés ou qui souffrent d’énormes lacunes de compétences de base ;
– et 3 millions encore de travailleurs du secteur privé maîtrisant eux aussi mal les compétences de base (22 % des 15 millions de salariés du privé).

De notre point de vue, l’enjeu du développement des actions de type FOAD, en termes de cohésion sociale et de compétitivité, est donc massif et nécessite la mobilisation de tous les acteurs concernés par la formation en France, OPCA en premières lignes.

Dominique Gros & Jean Vanderspelden
FFFOD (www.fffod.fr) & Learning Sphere (www.learningsphere.com)

______________________________________________________________________________________

(1) Socle des Connaissances et des Compétences Professionnelles avec des actions de formation ouvertes qui seront certifiantes pour les adultes faiblement qualifiés.
http://www.fpspp.org/portail/resource/filecenter/document/042-00001i-07m/140528-referentiel-socle.pdf

(2) Conseil en Evolution Professionnelle avec l’appui des Missions Locales, Pôle Emploi, Cap Emploi, l’APEC, le réseau des FONGECIF, plus les organismes désignés par les Conseils Régionaux.

(3) Voir l’article de S. Enlart «On a tendance à confondre innovation technologique et innovation pédagogique» – http://www.cci.fr/web/performance-et-innovation/interview/-/asset_publisher/26wQ/content/nterview-:-sandra-enlart-on-a-tendance-a-confondre-innovation-technologique-et-innovation-pedagogique

(4) Voir le décret n°2014-935 du 20 août 2014 relatif aux formations ouvertes ou à distance sur le site du Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social : http://travail-emploi.gouv.fr/textes-et-circulaires,1651/annee-2014,2223/decrets,2459/decret-no-2014-935-du-20-aout-2014,17971.html

(5) http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2015/01/04/les-10-innovations-pedagogiques-qui-feront-peut-etre-2015.html : Apprentissage social massif en ligne, le design pédagogique, la pédagogie inversée, AVEC (Apportez Vos Equipements Connectés) ou BYOD, apprendre à apprendre, évaluation dynamique, l’apprentissage événementiel, apprendre par narration, les concepts clés et le bricolage !

(6) Activation sur le site http://www.moncompteformation.gouv.fr/ à partir de son numéro de sécurité sociale comme identifiant unique. Ce site national a été mis à disposition de tous (sauf les fonctionnaires) par la Caisse des Dépôts le 1er janvier 2015. La notice portant les conditions d’utilisation de cet outil en ligne, que nous devons tous lire avant d’ouvrir notre compte, compte … 19 pages ! Quid pour les 2.5 millions de personnes en situation d’illettrisme en France en 2015 ? Quid aussi du développement de la littératie numérique pour tous ? Paradoxe !

(7) Voir tuto en ligne «Intégration du numérique en formation» : https://www.youtube.com/watch?v=2s91So97cYo

(8) Voir site du Collectif Numérique et Apprentissage des Adultes : http://www.cn2a.fr

 

« Un projet e-learning dans un contexte de coopétition » – MTO 2012 Nîmes – Presse des Mines

« Un projet e-learning dans un contexte de coopétition » – MTO 2012 Nîmes – Presse des Mines

Dans le cade du MTO 2012 (Journées d’Étude du Management des Technologies Organisationnelles) qui se sont déroulées à l’Ecole des Mines à Nîmes en octobre 2012, Florence LABORD et Jean Vanderspelden (membre du FFFOD) ont eu l’occasion de rédiger un article « Un projet e-learning dans un contexte de coopétition« . Cet article a été publié dans un ouvrage collectif intitulé « Impact des réseaux numériques dans les organisations« , ouvrage édité en juin 2013 (Y Barlette – D Bonnet – M Plantié & PM Riccio) par les Presses des Mines, dont la présentation est donnée sur le site :

http://www.pressesdesmines.com/economie-et-gestion/impact-des-reseaux-numeriques-dans-les-organisations.html

Résumé de l’article :

La nécessité d’adapter la formation, aux nouveaux besoins des personnes et des territoires, a été le point de départ du travail partenarial que nous allons présenter. Partant «de la société de consommation vers la société numérique, en passant par la société apprenante», nous avons cherché à mettre en place une approche innovante, dans un contexte de coopétition, pour faire évoluer et enrichir l’offre de sept organismes concurrents sur le marché de la formation. Notre action a porté sur le management de projet : mise en place et accompagnement d’un projet collectif de création et de déploiement de ressources blended-learning. Nous avons déroulé et accompagné plusieurs phases : appropriation, conception, création et diffusion des ressources digitalisées, aux profits des apprenants via une plateforme de téléformation Moodle et à travers une méthode d’accompagnement choisie. A partir des retours d’expériences, notre travail ouvre des pistes susceptibles d’améliorer des méthodes de déploiement d’outils au service des bénéficiaires. Dans ce type de projet cherchant à développer des approches de type Formation Ouverte et A Distance, les dimensions techniques nous semblent moins marquantes que les dimensions sociétales. Ces dernière s’inscrivent dans des nouveaux rapports plus horizontaux au travail et au savoir, liés à l’impact du numérique. Les comportements des apprenants sont de plus en plus collaboratifs et communautaires, y compris dans leurs apprentissages. En mixant technologie et pédagogie, on voit émerger un nouveau modèle économique, autour du concept novateur d’usabilité.

Florence Labord – 06 21 44 78 51 – Consultante/Formatrice Technologies de l’Information et de la Communication, Expertise FOAD – www.ExpertWeb.fr  – info@expertweb.fr – Avenue de l’Agau – Le Vivaldi – 34970 Lattes / Jean Vanderspelden – 06 42 27 59 72 – Consultant «Individualisation, Apprenance, FOAD, Numérique & Territoire» – ITG Paris – www.iapprendre.fr – jean.vanderspelden@free.fr – 24, rue Pajot – 76130 Mont Saint Aignan.

Dix conseils pour choisir un prestataire vidéo

Vous pilotez un projet pour lequel votre client, ambitieux, souhaite de la vidéo. Bien. Vous vous réjouissez à l’avance… jusqu’au moment où il vous faut choisir votre prestataire. Et là, vous vous demandez, soudain inquiet : quelles informations lui donner pour qu’il établisse un devis aussi proche que possible de la réalité ? Sur quels critères le choisir ? Voici dix conseils pour vous guider.

1.    Définissez le nombre de séquences que vous allez devoir tourner. Qu’est-ce qu’une séquence ? C’est l’unité de base sur un tournage. Elle est composée d’un script, un décor et un groupe de comédiens. Notez bien qu’un même script peut se composer de plusieurs séquences (par exemple une première séquence dans un salon puis une seconde dans une cuisine).

2.    Définissez le nombre de décors différents (bureau professionnel, salle de réunion, entrepôt, intérieur privé…). Plus il y a de décors, plus ils sont variés, plus il y a de préparation en amont du tournage.

3.    Estimez le nombre de comédiens présents sur le tournage chaque jour : l’équipe de tournage réalisera un plan de travail de façon à optimiser leur présence… car un comédien qui ne tourne qu’une séquence dans la journée est en général payé pour la journée.

4.    Evaluez la durée quotidienne effective de tournage afin d’avoir une idée de la durée totale. Il est courant de tourner entre six et dix minutes de vidéo par jour, ou encore de cinq à dix séquences. Mais si vos séquences durent trente secondes, vous n’en tournerez pas pour autant vingt dans une journée !

5.    Précisez le type de séquence que vous envisagez : un chef opérateur n’utilisera pas le même matériel pour des prises statiques où vos comédiens sont assis derrière un bureau que pour des prises où ils sont en mouvement… et le budget matériel n’est pas à négliger !

6.    Interrogez le prestataire sur les conditions de tournage des vidéos qu’il vous montre en guise d’exemples : elles ont souvent été tournées avec un budget ou des délais qui ne sont pas les vôtres ! Une vidéo d’une minute trente qui a nécessité une journée de tournage sera certainement de meilleure facture que vos propres vidéos tournées en trois fois moins de temps.

7.    Ne vous arrêtez pas à la réalisation, penchez-vous sur le montage. Le réalisateur montera-t-il lui-même les vidéos qu’il aura tournées ? Fera-t-il appel à un monteur que vous devrez également briefer ?

8.    Evaluez le degré d’écoute de votre prestataire. Cherche-t-il vraiment à cerner votre projet ? Vous offre-t-il une dimension de conseil, sachant que vous n’êtes pas spécialiste ? Mieux vaut que toutes les questions, même les plus « évidentes » en apparence, soient posées avant que vous ne receviez son premier devis.

9.    Optimisez votre budget. Déterminez ce que vous prenez à votre charge et ce que vous laissez à votre prestataire. Souhaitez-vous fournir les décors vous-mêmes ? Vos vidéos peuvent-elles se tourner chez votre client, dans votre entreprise ou faut-il louer des locaux (qui vous reviendront sans doute moins cher qu’un vrai studio de cinéma) ?

Voilà qui fait neuf. Et le dixième, me direz-vous ? Le dixième conseil paraît superflu tant qu’on n’a pas été confronté à la situation… et essentiel dès qu’on a dû y faire face : mieux vaut un prestataire « classique » mais très collaboratif qu’un prestataire très doué mais « caractériel ».
Le budget d’un tournage dépend grandement du nombre de jours de présence des comédiens et des techniciens sur le plateau – tout dépassement ayant un coup que vous devrez assumer. Il n’est donc jamais totalement inutile d’opter pour un prestataire qui suive vos directives et sache intégrer vos contraintes.

La démarche qualité dans un projet de conception de contenu e-learning

Un projet de conception e-learning, mené dans le cadre d’un organisme de formation, est stratégique. Le projet est classiquement mené en démarche de formation-action, s’appuyant sur les ressources vives de l’OF et également sur le travail de concepteurs externes (médiatiseurs notamment).

Avant toute autre chose, il convient de définir, en mode participatif, un ensemble de règles d’une Démarche Qualité, en s’appuyant sur tous les éléments d’orientation du projet de  conception qui sont formalisés (cahier des charges, état de la base de ressources collectées, projet d’entreprise …).

L’objectif est de permettre:

1) de concevoir et produire collectivement un ensemble de contenus homogènes dans le cadre des objectifs qualitatifs et quantitatifs du projet, selon des exigences concrètes formalisées.

2) de valider ces contenus auprès d’une population test (échantillon d’apprenants) selon un protocole précis.

Étudions ces 2 points :

1) Quels sont les constituants d’une démarche qualité en matière de conception de contenus ?

La structure du contenu doit être normalisée en fonction des impératifs pédagogiques et techniques, des contraintes d’intégration sur la plate-forme LMS et de portabilité sur les supports de diffusion (PC, smartphones …).

On définit ainsi :
– La structure (champs de scénarisation): positionnement, objectifs, cours, résumé, validation, ressources téléchargeables …
– Les caractéristiques pour chaque champ: les règles de conception, objectifs poursuivis, modalités (forme), priorité d’application de la règle et exemple.

 Prenons par exemple le Champ « cours »

– Une Règle : Rendre l’apprenant actif dans sa formation en lui donnant la possibilité de manipuler ou d’interagir avec ce qu’il apprend
– Son Application : scénario, story-board (X), produit  (X).
– L’ Objectif de cette règle : Rechercher la meilleure efficacité possible (« do and learn »)
– Les Modalités et Forme d’application : Intercaler dans le cours, un exercice de liaison non noté.
Introduire de l’interactivité dans le texte (dérouler le contenu dans la page par des boutons ou des liens, afficher des images en cliquant un bouton, compléter un tableau en cliquant sur ces colonnes…
– La Priorité : indispensable quand il existe une progression d’objectif dans le cours
– Un Exemple : Découvrir progressivement la formule d’un composé moléculaire en cliquant sur chaque atome puis en glissant le nom du composé sur le schéma.

L’ensemble de ce référentiel est construit sous forme de tableau en favorisant une approche interactive au fur et à mesure de son développement et de son utilisation (idéalement dans un espace de travail collaboratif). Le nombre de règles ne doit pas dépasser la trentaine pour être exploitables.

2) Quels sont les constituants d’une démarche qualité en matière de réception de contenus ?

La réception (phase de recette par les utilisateurs-testeurs) doit être structurée à travers un questionnaire permettant de valider la bonne utilisation du contenu en simulation.

Pour cela, un ensemble de rubriques de notation doit être proposé à l’utilisateur-testeur ,
miroir de ce qui a été construit dans le référentiel de conception ci-dessus, mais reformulé du point de vue de l’usager.
Rubriques :
–  Cadrage : Objectifs, pré-réquis, durée, positionnement, adéquation public cible…
–  Contenu : navigation, accessibilité, ergonomie, évaluation, ressources …
–  Technologie : fonctionnement, portabilité, liaison plate-forme …
Commentaires par page de contenu relevé :

Reprenons les objectifs d’interactivité énoncés ci-dessus :

Les questions « miroir » du point de vue «utilisateur » pourrait être :
– Notez (de 1 à 5) la qualité de la relation entre a densité ou la complexité du contenu et son attractivité.
– Notez l’organisation et la structure du contenu (variété et qualité des activités, symboles et interactions)
Exemple de commentaire : « en page x, il est expliqué le rôle d’un ampèremètre pour mesurer l’intensité en montrant son positionnement sur les circuits électriques. Il aurait fallu séparer ces 2 notions en se focalisant sur la mesure obtenu et sa valeur, avant d’expliquer son positionnement ».

L’ensemble de ce questionnaire de réception est formalisé comme un document de recette (rubriques de validation, versions..). Il ne contient pas plus que 2 pages de questions pour en faciliter l’utilisation.

En conclusion, on peut dire que cette phase de conception du référentiel qualité est une étape essentielle dans la conception d’un projet e-learning surtout s’il mobilise des ressources de formateurs expert et concepteurs, testeurs provenant d’horizons divers et de profils variés.
C’est une manière concrète et utile de fédérer l’équipe avant de démarrer la conception et la production.

La vieille règle en Gestion de projet : « Savoir perdre du temps en préparation pour en gagner ensuite en exécution » s’applique certainement dans le cadre d’un projet e-learning !

Méthode en cascade et méthode agile, Kezako ?

En matière de production de contenus e-learning et serious-game, deux types de méthodologie projet cohabitent actuellement chez les éditeurs. Elles se nomment « méthode en cascade » et « méthode agile ». En quoi consistent-elles ? Quelles sont les différences entre les deux ? Quels sont les avantages et inconvénients de chacune d’entre elle pour vous, clients ? C’est ce que je vous invite à découvrir dans cet article.

Méthode en cascade

C’est le type de méthode le plus utilisé aujourd’hui dans tous les domaines qui nécessitent de concevoir avant de produire quelque chose. Pour parvenir à un produit fini, on passe par plusieurs phases du cadrage du projet jusqu’à la livraison finale.

Le principe est simple : on ne passe à la phase suivante que lorsque la précédente est validée. Autre principe : on ne revient pas en arrière (d’où le terme « cascade »)

Cette méthode présente de nombreux avantages, notamment celui de sécuriser le planning du projet puisque l’on verrouille chacune des étapes les unes après les autres : on s’entend sur ce que l’on va faire (cadrage), on le conçoit dans les grandes lignes (conception générale) puis dans le détail (conception détaillée) avant de le produire (production), de le tester (tests/corrections) et de le livrer (livraison).

Elle permet également de bien s’entendre sur les attendus du projet et elle est très facile à expliciter à un groupe de travail. Enfin, bien menée, elle permet d’éviter les dérives en termes de planning : il est facile de visualiser que si une étape se décale, les suivantes sont impactées.

L’inconvénient principal côté client final, est une certaine rigidité du modèle. Ainsi, par exemple, dans le domaine du e-learning, la conception générale consiste à rédiger un document, appelé synopsis, ou conducteur, ou découpage pédagogique selon les prestataires. Ce document liste l’ensemble des objectifs pédagogiques et prévoit un ensemble d’activités a réaliser (animation, interactivité, vidéo, quiz etc.).

Or, il n’est pas rare qu’au moment de la conception détaillée (la rédaction des storyboards associés) voire de la production, le client se rende compte d’un oubli d’un objectif ou d’un message clé. Ceci suppose donc de remettre en question la conception générale pourtant validée…

Ici la plupart du temps, deux cas de figures :

  • Soit le prestataire a une certaine lattitude en terme de planning et/ou de budget et peut se permettre ce retour en arrière et l’accepte.
  • Soit le planning est déjà très serré et/ou les budgets très justes, et il ne peut tout simplement pas accepter sous peine de mettre en danger la rentabilité globale du projet ou la date de livraison finale.

La plupart du temps, budgets et plannings sont calés au plus juste des deux côtés, ce qui empêche toute modification. Conséquence : à la moindre demande de modification, des frictions se créent qui mettent à mal les relations entre les deux partenaires.

Une première solution à ceci serait tout simplement qu’en début de projet, prestataire et client se réservent une marge de manoeuvre (en terme de planning et de budget) à chaque phase du projet pour justement permettre ces ajustements le moment venu, sans créer de friction.

Une autre solution consiste à mettre un peu d’agilité dans les process, ce que certains prestataires ont commencé à intégrer.

Méthode agile

Avec ce type de méthode, le principe de découpage en étapes reste le même, mais chaque étape est elle-même subdivisée en itérations. A chaque itération, d’une durée à définir en début de projet (souvent 15 jours), une version intermédiaire d’un document ou du produit est livrée et soumise à discussion. La construction se fait donc par couche successive.

Pour la production de serious games par exemple, cette méthode est particulièrement adaptée. Un prototype est réalisé très tôt sur lequel les fonctionnalités, les briques de gameplay et les scénarii sont implémentés tout au long du projet, en mode incrémental. Ainsi, client et prestataire peuvent très vite se rendre compte de ce à quoi le produit va ressembler au final.

Comme avec une méthode en cascade, le projet commence par une phase de cadrage. A partir de la phase de conception, la rédaction des éléments puis la production se font par itérations successives.

Ce type de méthode s’appuie sur un principe collaboratif : client et prestataire travaillent main dans la main et créent le produit final par ajustements successifs.

L’inconvénient majeur de cette méthode est qu’elle nécessite une mobilisation continue de la part du client final car il est totalement impliqué dans la rédaction et la construction. Ce peut être délicat à gérer, notamment dans le cas, fréquent, où un Comité Projet de plusieurs membres doit se prononcer.

L’avantage évident est le fait que, ainsi impliqué, le client a une vue très claire sur l’état d’avancement. De plus, il peut réagir très vite si par exemple une fonctionnalité une fois développée ne semble pas optimale.

Pour toute information sur les méthodes agiles, je vous conseille l’ouvrage de Véronique ROTA Gestion de projet vers les méthodes agiles aux Editions Eyrolles (2009 – 2ème éd.)

Qu’en est-il aujourd’hui côté éditeurs ?

C’est la méthode en cascade qui est le plus utilisée aujourd’hui par les éditeurs e-learning et serious games du marché. Mais, conscients de ses limites, certains commencent à injecter un peu d’agilité dans leur process : ils mixent les deux méthodes. Cadrage et conception restent en cascade mais, à partir du prototype, le client est invité à suivre la production au plus près. Régulièrement, il se prononce sur l’état d’avancement du projet, teste les nouvelles fonctionnalités implémentées.

Pour plus d’informations sur ces outils et méthodes, je vous invite à lire l’ouvrage « Concevoir un serious game », rédigé par mes soins, dont la sortie est prévue le 04 avril 2011 aux Editions FYP.