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Anticipez la perte de savoir-faire

Pour certaines entreprises, l’organisation apprenante est un eldorado peu réaliste. Pour d’autres, c’est une nécessité.

Jusque-là, tout va bien
C’est l’histoire d’une entreprise. Pas de celles qui périclitent, ni même de celles qui ronronnent, non, une entreprise qui va bien, dont le chiffre d’affaires et le résultat dessinent de belles courbes année après année. Oh ! Le secteur, l’industrie, n’est pas de ceux qui sont promis au plus brillant avenir par chez nous mais il offre un mix intéressant de commandes privées et de marchés publics si bien que les salariés gardent confiance.
Et puis un jour, dans le bureau d’un directeur RH, la réalité s’invite brutalement : il y a danger. Les experts de l’entreprise, ces collaborateurs aux compétences uniques que la concurrence jalouse et qui font l’orgueil des départements R&D et production, vont partir. Non pas parce qu’ils ne s’y sentent plus aussi bien ; non pas parce que les orientations stratégiques leur déplaisent ; simplement parce qu’ils… vieillissent.

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Évaluer l’impact environnemental de la formation

Évaluer l’impact environnemental de la formation

L’une des promesses du Digital Learning est d’améliorer le bilan carbone en limitant les déplacements et l’utilisation du papier. D’un autre côté nous assistons à une explosion de la consommation énergétique due à nos usages numériques.
Comment concrétiser le souci de l’économie de ressources dans nos formations multimodales, comment concevoir des projets et scénari pédagogiques éco-responsables ?

Si la formation multimodale est l’avenir de la formation, permettant de se former tout au long de la vie, à son rythme et en toutes circonstances, comme nous le pensons au collectif Learning Sphere, elle mobilise -entre autres- les ressources numériques. Or l’utilisation inconsidérée de ces ressources contribue au réchauffement climatique. Le numérique est un acteur majeur d’émission de gaz à effet de serre, d’épuisement des ressources et d’affaiblissement de la biodiversité. Le transfert des données qui augmentent de façon exponentielle contribue au réchauffement climatique via l’exploitation des data-centers.

Lorsque l’on sait que chaque tweet, chaque mail envoyés ont une répercussion écologique minime, qu’en est il des vidéos et autres ressources de formation partagées ? Le projet que je vous soumets est d’évaluer l’impact environnemental des formations pour orienter les acteurs de la formation vers une utilisation raisonnée de la formation multimodale.

L’état des lieux des sources de pollution, de gaspillage, d’émission de gaz à effets de serre qu’impliquent les formations

sera la première étape. Et ce pour chaque phase de projet : Conception ingénierie, scenario… Production ressources, activités… Animation tutorat, accompagnement… Prenant en compte les différentes composantes énergétiques de la formation : déplacements, utilisation du papier, de différentes formes du numérique : ressources vidéos, mails, modalité asynchrone, synchrone…

Mettre en équation ces différentes composantes énergétiques de la formation pour chacune des spécialités impliquées dans la formation multimodale

constituerait la deuxième étape : ingénieur pédagogique, concepteur multimédia, programmeur, ingénieur réseau, formateur, accompagnant, apprenant… Chaque participant pourra à son échelle individuelle suivre et relayer les paramètres de son activité, pour donner lieu à une synthèse collective.

Conseils et orientations pour les acteurs de la formation Écoles, Universités, OF, enseignants, formateurs, etc.

pourront être établis en troisième lieu : cela pourra se traduire par une charte, un label, une WebApp…
Nous saurons alors quels modèles de formation multimodale éco-responsables nous pouvons appliquer et conseiller.

Bouteille jetée à la mer du web ? Projet ambitieux ? En effet, il mériterait d’être porté par les institutions, en attendant pourquoi ne pas l’impulser en mode collaboratif ? Pour gagner un temps précieux ! Lorsque je pratiquais l’agrobio dans les années 80 nous étions considérés comme appartenant à une sorte de « tribu de sauvages mangeurs de mini carottes » ce sont les acteurs du terrain qui ont lancé le sujet pour le bien de tous, avant que ne s’en emparent les politiques et les multinationales 😉

Alors prêts à agir ? Si ce projet vous parle, quel que soit le mode de participation ou de soutien que vous souhaitez apporter, réagissez ci dessous ou contactez benoit.tostain@learning-sphere.com

Un grand merci à Karl Grant pour son illustration originale !  www.voirgrant.com/ www.misskarlgrant.com

Quel est le problème ?

En quelques chiffres

Numérique responsable : C’est quoi le numérique responsable https://label-nr.fr/numerique-responsable/ : enjeux, définitions

France Info vidéo de 3 mn : Zoom sur la pollution numérique :https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/consommation-energetique-zoom-sur-la-pollution-numerique_3092617.html

Institut de la protection sociale européenne, pour un numérique responsable : https://www.euroipse.org/13118/

Cité des sciences : big data l’explosion des données : http://www.cite-sciences.fr/fr/ressources/bibliotheque-en-ligne/dossiers-en-ligne/big-bng-data-lexplosion-des-donnees/

Études et livres blancs

Label NR : https://label-nr.fr/blog/

WWF Agir pour un numérique responsable https://www.wwf.fr/projets/numerique-responsable

Transitions 2 Relier transition écologique et transition numérique : http://www.transitions2.net/

Bonnes pratiques

L’institut du Numérique Responsable, la charte :  https://institutnr.org/la-charte-nr

GreenIT 6 arguments pour la conception responsable des services numériques : https://www.greenit.fr/2019/10/08/6-arguments-pour-la-conception-responsable-des-services-numeriques/

EcoInfo un site du CNRS pour une informatique Eco responsable, des ingénieurs, des chercheurs, des étudiants autour d’un objectif commun : Agir pour réduire les impacts (négatifs) environnementaux et sociétaux des TICs : des ressources, des formations, des conférences : https://ecoinfo.cnrs.fr/les-confs-ecoinfo/

Vous avez dit sobriété (numérique) ? : conférence le 26 novembre 2019 à Grenoble, retransmise sur le web en direct. Le programme : https://ecoinfo.cnrs.fr/2019/09/27/conf-ecoinfo-vous-avez-dit-sobriete-numerique/

L’organisation apprenante : au-delà de la formation


Une conférence entière sur la façon dont Orange met en place l’organisation apprenante ? Je saute sur l’occasion !

Pourtant, très vite (8’08), je suis déçu.

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Innovation pédagogique libérée !

L’innovation pédagogique sera libérée et encouragée – EPALE

Cet article a été publié en novembre 2018 initialement sur la plate-forme européenne EPALE https://ec.europa.eu/epale/fr puis sur les sites du FFFOD www.fffod.fr et de Learning Sphere» http://learning-sphere.com/fr/

https://ec.europa.eu/epale/fr/blog/linnovation-pedagogique-sera-liberee-et-encouragee

Rappel des mesures annoncées par la ministre M Penicaud

Mesure 12/12 : Innovation pédagogique : la définition de l’action de formation a été revue (formation innovante, MOOC, digital learning…) et de l’action de formation en situation de travail (AFEST) ; les lois de 2014 et de 2016 avaient déjà assoupli la définition de l’action de formation (suppression de la notion d’imputabilité, reconnaissance de la FOAD dans le Code du Travail, séquencement de l’action de formation…)

L’innovation pédagogique hautement portée par le nouveau cadre légal !

Le dernier ANI signé le 22 févier 2018 propose, une nouvelle fois, dans son article 33, une définition revue de l’acte de formation : «L’acte de formation est un processus pédagogique d’apprentissage par lequel tous les moyens sous quelque forme que ce soit sont déployés au regard de la situation de la personne pour lui permettre d’adapter, d’acquérir ou de développer des compétences professionnelles ou d’obtenir une qualification, sur la base d’objectifs préalablement déterminés»*(1). Depuis l’ANI de 11 Janvier 2013, tous les textes législatifs que ce soient des lois ou des décrets, cherchent à assouplir la formation via la mise en oeuvre de ses modalités. Aujourd’hui, la modalité dominante est « Le stage ». Nous serions, bel et bien dans la réforme continue de la formation, à défaut d’être dans la réforme de la formation continue ! Nous progressons à petits pas, comme s’il était difficile de quitter une organisation, encore aujourd’hui fortement marquée par le «modèle scolaire» avec les unités de temps, de lieu et d’action. Dans cette modalité, chaque stagiaire se forme en même temps et au même rythme; avec un programme et un emploi du temps commun. Le stage se passe sous l’autorité d’une formatrice ou d’un formateur qui, en fin de journée, apporte la preuve « ultime » de la réalité des apprentissages sous la forme d’une feuille d’émargement ! Le degré de liberté d’action du stagiaire est cadré.

Déjà, la loi de mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale avait ouvert une brèche importante en stipulant, entre-autre*(2), que « La formation peut être séquentielle. Elle peut s’effectuer en tout ou partie à distance, le cas échéant en dehors de la présence des personnes chargées de l’encadrement« . Cette ouverture est renforcée avec la publication d’une série de décrets. Le premier décret date d’août 2014. Il porte sur les formations ouvertes ou à distance (FOAD) et instaure la notion révolutionnaire «d’Assiduité» dans les activités des différentes séquences d’un parcours FOAD. L’assiduité remplace la notion de « présence ». On ne trace plus les temps formatifs de l’apprenant mais ses activités d’apprentissages !  En juin 2015, le décret « Qualité et évaluation de la formation » introduisait l’expérimentation de la dernière modalité retenue dans le cadre légal : la FEST*(3).  En mars 2017, un autre décret relatif aux parcours de formation, instaure le principe du « forfait-temps » pour la prise en charge des actions de formation. Par ailleurs, il fixe trois repères précis (production, évaluation & interaction) pour établir les justificatifs attendus dans l’objectif opérationnel de marquer l’assiduité, partielle ou totale, d’un apprenant dans son parcours de formation. Enfin, pour parfaire ce paysage réglementaire, hautement favorable à l’innovation pédagogique, on peut souligner la parution de deux autres décrets visant à étendre la logique FOAD respectivement au champ de l’enseignement supérieur (décret 2017-619) et au champ de l’alternance (décret 2017-1548).

Avec ce cadre légal novateur résultant d’un long travail de lobbying en général des acteurs de la formation, et en particulier des acteurs des formations digitales*(4), on est passé d’un « Modèle unimodal de la formation » lié au groupe de stagiaires à des « Organisations multimodales des apprentissages » pour chaque apprenant que l’on retrouve avec la définition proposée par l’ANI 2018. La multimodalité en formation ne s’arrête pas à la complémentarité entre présence et distance. Il y a plein d’autres possibilités pour co-construire des parcours adaptés avec des activités ou des situations individuelles-collectives, asynchrones-synchrones, formatives-autoformatives-collaboratives, en ligne-dans un centre de ressources, formelles-informelles, en centre de formation-en situation de travail-dans un tiers-lieux, contraintes-souples, voire libres etc.

La dernière loi «Choisir son avenir professionnel» confirme ces orientations en reprenant la définition de l’ANI légèrement ajustée « L’action de formation se définit comme un processus pédagogique permettant l’atteinte d’un objectif professionnel. Elle fait l’objet de modalités d’apprentissage identifiées pouvant comprendre des séquences de positionnement pédagogique, de formation et d’accompagnement de la personne qui suit l’action, dont les acquis sont évalués. Elle peut être réalisée en tout ou partie à distance. Elle peut être réalisée en situation de travail » (art. L6313-1). Il s’agit de mettre en place et de réguler de nouveaux écosystèmes souples d’apprentissage plus individualisés et plus collaboratifs portés, en partie, par les outils numériques et plus centrés sur la notion de compétences que sur la notion de savoir. Au final pour soutenir l’innovation, le terme retenu dans le code du travail est donc « FOAD » que l’on pourrait traduire par « Formation Multimodale », par « Formation Digitale » ou par…  « Digital Learning (ou Blended Learning) », comme l’a prononcé Muriel Penicaud, Ministre du Travail, de la république française, au cours de la conférence de presse du 5 mars 2018.

La dernière étape de ce cadre réglementaire en mouvement est la parution attendue (fin 2018) du décret sur AFEST ; Action de Formation en Situation de Travail. Une série d’expérimentations, pilotée par la DGEFP avec des OPCA et des opérateurs de formation, a permis de confirmer l’intérêt de cette toute dernière modalité. Cette modalité AFEST qui vient enrichir le sceptre des parcours FOAD, a été conçue d’abord pour les adultes peu qualifiés. Comme toute action de formation, l’apprenant bénéficie d’un accompagnement personnalisé. Cela lui permet d’alterner, essentiellement au sein de l’entreprise, des mises en situation professionnelle et des mises en situation réflexive. Il s’agit de tirer profit des échecs, des essais, des erreurs et des réussites dans la progression de son parcours des activités. Il réalise ces activités pour se former en produisant, et non produire en se formant. On ne parle plus de «programme» qui serait préétabli, mais de «parcours». On vise à s’ajuster, en continu dans une dynamique, aux besoins de chaque apprenant. Pour assurer ce suivi pédagogique et cette assistance sur le lieu de travail (ou de production), la personne ressource est bien formatrice, et pas uniquement tutrice. Un parcours AFEST intègre des séquences de mise à distance de l’apprenant avec son formateur-trice, régulées en partie par l’apport de l’usage des outils digitaux. L’ensemble de cette ingénierie est regroupé dans un cahier des charges AFEST dont la mise en place est portée par un organisme de formation en lien avec des entreprises apprenantes et partenaires, apportant le plateau technique ou l’environnement d’un geste professionnel lié à un métier rare.

Toutes ces innovations cherchent à créer des situations pour que les apprenants puissent mieux s’impliquer dans cette dynamique formative, autoformative et collaborative, toujours accompagnée. Pour cela, plus de liberté, et donc, de responsabilité leur sont données dans le renforcement et l’acquisition de nouvelles compétences. En somme, on équilibre les parcours en privilégiant la mise en activité de l’apprenant (pédagogie active) sur la transmission de contenus (pédagogie passive). L’encouragement à l’innovation pédagogique est un marqueur fort des dernières réformes de la formation professionnelle en France.

Avec la participation de Frank Savann et Thierry Ardouin, experts thématiques EPALE

Jean Vanderspelden – Expert thématique Epale – 2014/2018

https://ec.europa.eu/epale/fr  & www.iapprendre.fr

membre du FFFOD – www.fffod.fr

et de Learning Sphere – www.learning-sphere.com

* (1) https://theconversation.com/une-reforme-de-la-formation-ancree-dans-les-pratiques-de-travail-contemporaines-92945?utm_source=twitter&utm_medium=twitterbutton

* (2) Suppression de la notion d’imputabilité, par exemple* (3) Formation en Situation de Travail http://www.actualite-de-la-formation.fr/rubriques/syntheses/l-experimentation-formation-en-situation-de-travail-fest-se-deploie-dans-cinq.html?

* (3) Formation en Situation de Travail http://www.actualite-de-la-formation.fr/rubriques/syntheses/l-experimentation-formation-en-situation-de-travail-fest-se-deploie-dans-cinq.html?

* (4) voir www.fffod.fr le site du Forum Français des acteurs des FOrmations Digitales.

Mise au point sur le droit d’auteur et l’utilisation des médias

Suite à différents échanges entre créateurs et utilisateurs, même confirmés et aguerris, j’ai pu me rendre compte que certaines croyances étaient encore très fortes et qu’une mise au point ne serait pas inutile afin que chacun comprenne mieux ses droits et devoirs.

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Quand votre entreprise perd la mémoire

Toutes les organisations sont apprenantes. On apprend de ses clients, de ses collègues, de son manager, de sa direction. On apprend sur son marché, sur son département, sur son métier.
Alors, s’il n’est pas besoin de travailler au sein d’une organisation apprenante pour apprendre, pourquoi diable chercher à en devenir une ? Et qu’est-ce qui est si compliqué à surmonter lorsqu’on essaie ? Read more Quand votre entreprise perd la mémoire

Dirigeants : faites-en moins mais faites-le mieux

L’implication du dirigeant, dans une perspective d’organisation apprenante, est un facteur clé de succès. Outre un état d’esprit tourné vers l’apprenance, cette implication demande de la disponibilité. Or, si vous dirigez une entreprise ou un établissement public, si vous pilotez une équipe, de multiples responsabilités reposent sur vos épaules et cette multiplicité sape votre disponibilité. Il n’est pas un jour où un problème ne vienne en chasser un autre et votre attention est accaparée par des enjeux tous éminemment urgents à longueur de journées. Or, intuitivement, vous savez que ce n’est pas de cette façon que vous développerez l’apprenance et servirez au mieux les intérêts de votre entreprise ou de votre établissement – et, au final, de vos clients ou de vos usagers. Mais si votre rôle n’est pas de régler les conflits ou les urgences du quotidien, quel est-il, au juste ? Read more Dirigeants : faites-en moins mais faites-le mieux

Les médias sociaux…. pour apprendre !

Les médias sociaux…. pour apprendre
Vers des usages vertueux des Réseaux Sociaux Numériques

Cet article a été publié en février 2018 initialement sur la plate-forme européenne EPALE https://ec.europa.eu/epale/fr puis sur le site du FFFOD www.fffod.fr en deux parties, dans le cadre de la thématique mensuelle européenne d’échange : «Les médias sociaux comme environnement d’apprentissage».
Partie 1 : https://ec.europa.eu/epale/fr/blog/vers-des-usages-vertueux-des-reseaux-sociaux-numeriques-partie-12
Partie 2 : https://ec.europa.eu/epale/fr/blog/vers-des-usages-vertueux-des-rsn-partie-2-quelles-conditions-peut-apprendre-avec-les-medias
 Partie 1 : Oui, on peut apprendre avec les médias sociaux !
En 2018, l’usage des médias sociaux est, pour beaucoup d’entre-nous, important en temps et en énergie. Ces outils nous permettent facilement de mettre en ligne et de partager des contenus variés (vidéos, photos, musiques, documents, infos, actualités et autres). Les médias sociaux sont programmés pour que nos publications génèrent le plus d’interactions possibles avec, et grâce aux commentaires multiples et variés ou aux relais assurés par des personnes (amis, contacts, suiveurs, etc…) abonnées à nos flux d’informations, pour le meilleur… et pour le meilleur ; restons optimistes mais lucides ! Ces activités sur Facebook, Twitter, Instagram, Dailymotion, Linked’in, etc… sont critiquées, souvent à juste titre, de par leur caractère individuel, distrayant, futile, déplacé, voire quelque fois agressif. La nature humaine reste la même, quelle que soit les outils utilisés, sauf que les outils de type médias sociaux donnent une potentielle résonance instantanée au plan mondial : urbi et ordi ! Les utilisateurs des médias sociaux disposent d’un effet puissant, voire dévastateur, de levier numérique. Ce ne sont pas les outils qui sont responsables de nos trop nombreuses dérives observées, certaines insupportables, mais bel et bien l’incapacité de certains parmi nous, d’agir durablement avec bon sens, responsabilité et intelligence et d’apprendre de nos erreurs.
Mais tous les usages des médias sociaux ne sont pas inutiles, loin de là ! Certains ont du sens, parfois puissants[1], soit aux plans personnels, soit à des fins professionnelles. Le faible recul sur nos pratiques tend à prouver que nous avons intérêt à installer durablement une forte barrière entre nos activités relevant de notre vie personnelle et celles relevant de nos champs professionnels. Dans ces registres positifs, les médias sociaux nous donnent la triple possibilité de :
  • communiquer en augmentant la visibilité de ses activités personnelles ou associatives et/ou l’influence de son poste de travail ou de son entreprise, via les contenus publiés thématiques en assurant une présence continue et cohérente : émettre une voix ;
  • prospecter en initiant des échanges avec des personnes partageant la même passion ou le même intérêt, avec des clients potentiels ou des homologues, rendre visible son ses compétences, son expertise ou son offre commerciale ; en assurant une veille stratégique : assurer une veille ;
  • réseauter en développant la culture et les pratiques communautaires pour échanger entre pairs, pour adhérer ou faire adhérer à une association, pour recruter et se faire recruter, pour promouvoir et découvrir des talents ; en favorisant les compétences collectives : privilégier la collaboration.
Le point commun de ces trois postures d’internautes relativement habitués des Médias ou Réseaux Sociaux Numériques est de générer de l’interactions faible, douce ou forte. Or, si on reprend l’adage «Mieux j’interagis, mieux j’apprends»[2], alors, à l’évidence, les médias sociaux, sous réverse d’une posture maîtrisée et évolutive, peuvent clairement constituer des environnements intéressants et, dans certains cas puissants, d’apprentissage et de formation[3].
Partie 2 : à quelles conditions peut-on apprendre avec les médias sociaux ?
Pour tirer profit de nos usages des médias sociaux, en particulier pour s’informer, pour s’instruire, pour apprendre ou pour se former, avec efficacité, quelques règles doivent être prises en compte. La plupart relève du bon sens, d’autres requièrent de notre part, des apprentissages spécifiques de la maitrise partagée de ces nouveaux outils digitaux.
l Une bonne maîtrise de l’outil et de ses paramètres : L’exemple de l’outil Facebook est, à ce titre, intéressant. Beaucoup (trop) de ses utilisateurs ignorent les conséquences d’un mauvais paramétrage de leur compte ; nombreux, et parfois, complexes, les paramètres fixés par défaut étaient très ouverts à la création de l’outil Facebook ; aujourd’hui par défaut un peu moins ouverts. Ils peuvent se retrouver confrontés à des situations délicates, simplement liées à la non maitrise des activités collectives (communauté égocentrée le plus souvent, communauté promotionnelle ou communauté collaborative) proposées, suggérées, et, de plus en plus, incitées, voire provoquées. Un simple clic peut avoir des implications graves. Par exemple, le partage d’une information, à un cercle de personnes non désiré… ; l’intervention d’un internaute dans une discussion sans y être invité… ; visibilité d’un commentaire déplacé, etc…. La bonne maitrise de son identité numérique est gage de qualité de ses apprentissages avec les réseaux sociaux numériques.
l Une intention clairement définie avec un regard toujours critique : Soit on se laisse «bercer» par les flux d’informations des personnes qui partagent nos réseaux sociaux, soit on garde une ligne directrice pour interagir avec discernement. Dans le premier cas, on est plutôt «suiveur», dans le second cas, on est plutôt «explorateur» pour nourrir et travailler son ou ses sujets d’intérêt. La seconde posture générera très certainement plus d’opportunités pour apprendre par les échanges qui se révéleront plus intéressants. La prise de distance sur les informations publiées est un réflexe nécessaire pour ne pas se laisser influencer. C’est une des bases d’expertise sur un domaine donné personnel et/ou professionnel. Beaucoup d’internautes alternent ces deux postures dans des médias sociaux complémentaires.
l Un respect, une bienveillance et une écoute de l’autre : la qualité des échanges, et donc des interactions, repose sur notre capacité d’installer, et d’entretenir, un climat de confiance avec les personnes, connues ou non, avec qui nous dialoguons et partageons des contenus. Le choix des mots, des formules, des arguments, du ton employé, des images et des fichiers associés, sont autant de briques qui constituent le fond et la forme de nos échanges. La cohérence de cet ensemble installe un milieu propice à des apprentissages durables et réciproques. Tout manquement à ces dispositions respectueuses risque d’ébranler un espace subtil de co-apprentissage communautaire ; se mettre trop souvent en avant, en parlant de soi, de ses activités ou de ses productions limite ou brise la dimension formative de l’usage des médias sociaux. Pour conforter ces opportunités d’apprendre des autres, il convient d’être plus en posture d’aide que de jugement, et aussi, préférer des contributions plutôt positives ou interrogatives.
l Choisir et entretenir ses communautés : apprenant est métier ; seul métier durable ! Pour exercer cette nouvelle profession, il est important de savoir s’entourer de pairs portant la bonne parole et exerçant le bon geste professionnel. Il en est de même sur le territoire numérique. Notre responsabilité consiste à bien choisir les personnes avec lesquelles on va échanger, donc de sélectionner ses communautés selon ses objectifs d’apprentissage. Choisir est un premier niveau, entretenir ses communautés en est un second.  Il s’agit de ne pas se laisser enfermer dans une bulle médiatique thématique en rétrécissant le nombre de personnes concernées. Etablir de nouveaux contacts et éliminer ceux jugés peu intéressants, ou déviants au regard de nos intentions, constituent deux activités structurantes et exigeantes. Etre original peut être une attitude favorisant la curiosité, source de nouveaux savoirs. Une présence et une activité régulières permettent de se faire repérer positivement par les membres de ses groupes d’échanges, d’apprentissages et d’autoformation formelle et informelle.
Si apprendre avec les outils numériques peut s’avérer efficace et fertile, la question de la gestion de nos temps face aux écrans constitue un véritable point d’alerte pour assurer une présence active équilibrée entre territoires métrique et numérique. Dans son dernier livre « C’est compliqué : les vies numériques des adolescents »[4], danah boyd nous rappelle que la principale motivation des jeunes est bel et bien d’apprendre… à se socialiser.
Jean Vanderspelden – Expert thématique Epale
https://ec.europa.eu/epale/fr  & www.iapprendre.fr
membre du FFFOD – www.fffod.fr et de Learning Sphere – www.learning-sphere.com

[1] « Le elearning informel ; des apprentissages diffus noyés dans la participation en ligne» – Livre coordonné par Olivier Las Vergnas – Editions des archives contemporaines – 2017
[2] (des autres et de moi-même) liée à la théorie du connectivisme
3] Voir billet de Frédéric Haeuw sous la forme d’un diaporama publié en 2014 : http://www.haeuw.com/2014/01/du-bon-usage-des-r%C3%A9seaux-sociaux-en-formation.html
[4] https://cfeditions.com/boyd

Besoin massif de formation et personnalisation des apprentissages

Formation numérique
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Le numérique, au travers des réseaux d’échanges, d’internet, etc., met à disposition de chacun tous les éléments dont ils peuvent avoir besoin pour apprendre. Et, tout individu peut obtenir une quantité extraordinaire de ressources à tout instant, en juste à temps, afin de répondre à une problématique quelconque. Notre société devient apprenante.

En parallèle, l’offre de formation actuelle qui est, pour le moins perfectible, doit évoluer. Pour les organismes de formation (OF), c’est une question de survie. Faute d’évolution, un grand nombre de ces organisme disparaitront au bénéfice des GAFA⁠1ou encore de Linkedin⁠2, qui se positionnent déjà comme acteurs incontournables de la formation.

Mais cette évolution est à leur portée. Car il existe un point sur lequel les géants du web n’ont aucune avance. En effet, les OF, eux, disposent de ressources considérables, généralement de qualité, que sont leurs formateurs et leurs structures. Read more Besoin massif de formation et personnalisation des apprentissages

Comment convaincre une organisation d’aller vers l’apprenance ?

Les webinaires sont décidément trop courts – surtout quand nous les réduisons de moitié d’un cycle Learning Sphere experience à l’autre ! Quelques questions sont donc restées en suspens à la fin de la webconférence sur l’organisation apprenante. La première que je souhaiterais évoquer est la suivante : « Comment convaincre une organisation d’aller vers l’apprenance au niveau stratégique ? »
Si vous êtes en charge d’un service ou d’une business unit, nul besoin d’attendre que votre entreprise ou votre établissement passe en mode organisation apprenante dans son ensemble : vous avez le pouvoir de changer les modes de fonctionnement au sein de votre département.
L’affaire se corse un peu si vous ne disposez pas d’une autorité managériale suffisante pour agir. Dans ce cas-là, comment faire ? Read more Comment convaincre une organisation d’aller vers l’apprenance ?